Le TAVI (Transcatheter Aortic Valve Implantation) est une technique qui consiste à implanter une valve aortique biologique en passant par l’aine (voie percutanée). « Elle a été développée en 2002 au CHU de Rouen Pr Alain Cribier. Elle permet de traiter les patients qui ont une sténose - ou rétrécissement - de la valve aortique sans les opérer. Aujourd’hui, 17 ans après, le TAVI est de plus en plus utilisé », indique Le Dr Thomas Hovasse, cardiologue interventionnel à l’Hôpital privé Jacques Cartier (Ramsay Santé, Massy, France).
Une technique réalisable chez presque tous les patients
Réalisé chez les patients ayant un rétrécissement aortique calcifié très serré, responsable de manifestations très invalidantes, voire potentiellement mortelles (essoufflement, douleurs angineuses ou syncopes survenant à l’effort), le TAVI n’était indiqué qu’à ceux jugés inopérables ou à haut risque chirurgical pendant longtemps (grand âge, autres maladies notamment rénales…). Aujourd’hui les indications s’élargissent et les patients jugés à risques intermédiaires peuvent en bénéficier (1,2).
Quelques complications
Pour autant, comme pour tout geste opératoire, des complications sont possibles après un TAVI : problèmes au niveau de l’artère fémorale, trouble du rythme cardiaque nécessitant l’implantation d’un pacemaker… « Il y a un risque de fuites autour de la prothèse devenu minime avec les prothèses de deuxième génération. La nécessité d'utiliser un pacemaker, dans 5 à 10% des cas, est un petit peu plus élevée que pour une chirurgie classique. Enfin, il peut y avoir des complications vasculaires (3) », précise le cardiologue.
Une étroite surveillance 24 heures après
Une étude menée par le Dr Hovasse, auprès de 744 patients, a démontré un risque accru de complications vasculaires chez les femmes et une catégorie de patients dont l’anatomie de l’axe illio-fémoral est difficile. Chez ces patients la ponction artérielle sous échographie ou angiographie sélective permet de baisser le taux de complication vasculaire. « Pour ce type de patients, il convient de réaliser le TAVI avec plus de précautions et de renforcer la surveillance 24 heures après l’opération afin de vérifier l’absence de saignements ».
Cette étude est soutenue par la Direction Recherche et Enseignement de Ramsay Santé.
Références